cheesecake

24.11.11

Finalement, je vais plutôt manger mon cheesecake par .

- parce que c'est toujours meilleur sans publicité -

à très vite !

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18.11.11

Là où je vis, il y a l'une des plus belles bibliothèques que j'ai jamais vues. Pour y entrer, il faut passer une petite porte qui n'a l'air de rien depuis la rue ; mais en empruntant le large escalier de pierre qui se cache derrière, on tombe nez à nez avec une des plus belles vues sur la ville. La première fois que j'avais voulu m'y rendre, je m'étais un peu perdue. J'avais longtemps pédalé dans les rues voisines, en me laissant berner par la petite porte qui n'a l'air de rien. Alors la première fois que je suis arrivée en haut du large escalier de pierre, c'était comme si j'avais découvert un trésor, un secret. Maintenant, l'après-midi, je charge mon sac de gros livres, j'enfile mes bottes et j'enfourche mon vélo pour aller étudier là-bas. Il y a des canapés en cuir noir, un parquet qui grince, des tas de gens cachés derrière des tas de livres, le dictionnaire français-italien tout en bas du rayon, l'énorme cloche de la cathédrale qui résonne et, à l'étage du dessus, les croissants de la caféteria et le ciel de Florence. Là où je vis, il y a cette vitrine que j'ai eu furieusement envie de photographier pendant deux jours, celle de la petite friperie en bas de chez nous. Je ne peux pas dire que je la trouve jolie, mais je crois savoir que ça me fera quelque chose de retrouver cette photo, un jour. Je penserai sans doute à la vendeuse et ses deux paires de lunettes - une sur le nez et l'autre dans les cheveux -, à la collection de foulards de soie sur le comptoir, au bracelet acheté avec Marina pour consoler Agne. Là où je vis, il y a la nuit qui tombe si vite, du café trop noir, de petits cadeaux laissés sur un bureau, du linge qui sèche dans une pièce qu'on n'utilise jamais, de la vaisselle qui traîne, des visages sur les murs, de la musique qui va trop fort et. La déjà-certitude que tout cela me manquera.

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13.11.11

Dimanche après-midi mélancolie. Je porte le pull rayé que j'ai acheté hier dans la petite friperie en bas de notre immeuble. Il a une odeur de grenier, une odeur de malle qu'on n'ouvre plus jamais. Je ne peux plus m'arrêter de regarder ce mur-là. Je crois bien qu'il a toujours été comme ça, et pourtant, c'est comme si je le découvrais pour la première fois. Eux, elle, lui, tous autant qu'ils sont. Aujourd'hui, ils me manquent un peu plus que les autres jours. Oui, ça m'arrive quelques fois, au point de me demander comment je fais, les autres jours ? Je crois que dans la dernière lettre que je lui ai écrite, je lui ai dit que j'aimerais qu'il neige le jour où on se retrouvera. Je ne sais pas pourquoi. C'est venu, comme ça. Et depuis, j'y pense très souvent. La neige, son sourire et sa peau si chaude, ses bras autour de moi et ses lèvres si douces. Au petit matin, dans les derniers crépitements du feu de bois, je laisserais son corps pâle seul entre les draps blancs. J'enfilerais un pull et une paire de bottes, et je m'en irais sans bruit avec le chien de la maison, faire crisser ce manteau blanc sous mes pas. Comme dans la chanson de Barbara, je rentrerais en passant à travers-champs, les joues rosies, pour préparer des pancakes et du chocolat chaud. Et puis j'irais me blôtir contre lui avant qu'il ne se réveille. Nos corps pâles entre les draps blancs.

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11.11.11

Au moment où le monsieur du labo me tend l'enveloppe de papier contenant les dernières photos de mon argentique, je suis toujours un peu fébrile. Je ne me souviens jamais très bien depuis quand la pellicule est entamée, ni des endroits où je suis allée, alors c'est à chaque fois un peu une surprise et ça me plaît. En regardant les couleurs étalées sur le papier glacé, des couleurs criardes d'été, je me rends compte que c'est bel et bien l'automne qui m'attend là-dehors. L'automne et sa lumière dorée des fins d'après-midi. L'automne et toutes ses couleurs qui tombent des arbres. Alors à la casa, on mange des clémentines en chantant oh my darling, on presse des oranges, et on boit des litres de thé à longueur de journée. On a prévu de faire un christmas-before-christmas, juste entre nous, avant que chacun ne regagne son pays pour les fêtes. Il y aurait un sapin, des bougies, Frank Sinatra qui chante, des cadeaux et plein de bonnes choses à manger. Un vrai Noël en somme, la date importe peu. C'est fou comme parfois, les liens qui rattachent les gens poussent vite. J'ai fait de ces quatre-là ma famille d'ici, et je sais qu'ils auront une place à part pour le reste de ma vie. J'aime quand Matti me lance un ciao cara en poussant la porte, quand Agne me tresse les cheveux comme le faisait ma maman quand j'étais petite fille. J'aime quand Eoghan s'esclaffe très fort en entendant mes bêtises, quand Marina me tend les bras en disant abbracio. Oui, c'est fou, les autres, la vie. // C'est tellement lui sur cette photo, si vous saviez. Ses cheveux en bataille et sa barbe mal taillée. Ses lunettes rondes et ses doigts fins. Et sa veste ramenée de Mongolie, qui me rappelle toujours la partie de lui que je ne connais pas bien. J'aime bien me dire qu'il a encore des secrets, de petits trésors cachés au fond de lui, comme les vestiges de la vie qu'il avait quand on ne se connaissait pas. Et j'aime bien me dire que, sans le savoir, on en construit de nouveaux tous les deux.

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08.11.11

Pomodoro___Version_4

Piazza_Brunelleschi___Version_3

Il y a deux mois - presque jour pour jour - je débarquais dans une ville inconnue, seule, en traînant une grosse valise verte chargée de toutes les petites choses qui font ma vie. Avant de partir, je croyais que j'aurais besoin de beaucoup parler, de raconter toutes les pensées bousculées et les émotions tourneboulées qui naîtraient forcément dans ce pays où je ne parle pas la même langue que les gens. Et puis non. Entre les deux, il y a eu cet instant-là. L'instant où la porte de l'immeuble s'est ouverte sur quatre têtes inconnues qui me souriaient, en tendant à bout de bras un panneau à mon nom, comme dans les halls d'aéroport. Ils ont porté mes bagages dans les escaliers de pierre et, tout intimidés, m'ont ouvert la porte de ce qui allait devenir bien vite n o t r e home-sweet-home. Chez nous, on lance un ciao en poussant la porte d'entrée, on rit et on écoute la musique très fort. On apprend des insultes dans trois langues différentes, on fait la cuisine et on colle des petits mots partout. On a le même frigo que dans l'Auberge Espagnole, on fait ensemble la route qui mène à la fac et on échange nos affaires. On se tend les bras, on se donne des petits noms et on danse comme des idiots. Le partage est sans doute la chose la plus accessible au monde, la plus simple pourvu qu'on accepte d'offrir un peu de soi. Je me suis promis de ne jamais l'oublier. C'est sans doute ça, devenir riche. // Ces derniers jours, je pense souvent au jour où il faudra partir - parce qu'il faudra partir - et ça me serre le coeur. Je crois que je sais déjà ce qui me manquera, alors je m'applique à me souvenir de chaque petit rien, à ne rien oublier, pour pouvoir retrouver ces petits trésors de mémoire les soirs de chagrin. Le jour du départ et ma gorge serrée au moment où il faut dire au-revoir, et se retourner. Les champs de tournesols brûlés par le soleil. Le concert du premier soir, sur les pelouses autour de l'étang. La première fois que je les ai vus tous les trois, assis côte à côte de l'autre côté de l'écran. La première pluie. Les tresses d'Agne, la voix d'enfant de Marina, la guitare d'Eoghan et les chansons de Matti. Les murs de l'appartement recouverts de pois pour une fête. Le tableau de conjugaison appris avec Eoghan, un soir en marchant, et répété aux autres à la maison, comme une enfant. Les retrouvailles avec mon amoureux, et puis mes larmes au milieu du hall de la gare. Les soirs où on fait la cuisine à douze mains. Les cloches de la ville qui sonnent à l'unisson. Le trajet à vélo de la nuit dernière, sous la pluie, dans les rues désertes.

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03.11.11

Joséphine, elle est comme l'automne, elle virevolte. Vous la voyez, du haut de ses quatre-vingt printemps - et des poussières -, se dandiner au milieu de sa cuisine au fil des notes de Louis Armstrong ? Juste derrière elle, il y a Yvan, l'amour de sa vie, qui sourit derrière ses moustaches. Et Joséphine danse, en faisant tourner sa robe à fleurs et son chignon gris. Oh, elle ne danse plus comme à vingt ans, mais elle a toujours cette même grâce au bout des doigts. Et puis elle aime ça. Alors elle ne s'arrête pas, ne s'arrête pas. Joséphine, elle aime la vie. Elle dit toujours qu'on sent ces choses-là dans le fond de son coeur, quand il s'agite pour une broutille. Un morceau de musique, une mongolfière dans le ciel, un ronronnement de chat, un rire d'enfant. Joséphine, elle rêve d'avoir des ailes. Parce qu'elle n'a jamais pris l'avion et qu'elle aimerait voir comment c'est, là haut, de voir les gens aussi petits que des fourmis. Joséphine, elle aime regarder de vieux films. En noir et blanc, ça lui rappelle quand elle allait au cinéma avec son Yvan, il y a longtemps. Les héros de films ne vieillissent pas, eux, alors elle se sent jeune une deuxième fois. Joséphine, elle a peur d'arrêter de vivre. Tout le monde sait que quand on aime trop fort, on voudrait ne jamais dire adieu. Alors elle s'excuse en silence devant son Yvan qui continue de sourire derrière ses moustaches ; elle promet de le rejoindre plus tard, le plus tard possible. Et elle continue de danser, de danser.

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02.11.11

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Je crois que la première fois que j'ai entendu le mot cheesecake, je l'ai trouvé ridicule.
Pas bien grande que j'étais, j'avais en tête un gâteau recouvert de fromage puant et dégoulinant, à mille lieues des brownies et tartes à la rhubarbe que j'aimais. Maintenant que j'ai grandi, un peu, je trouve qu'il n'y a pas mieux que ce mot-là, cheesecake, pour raconter la vie. On peut leur donner toutes les saveurs que l'on souhaite, le résultat est rarement décevant. Il suffit de ne jamais se fier aux apparences, et surtout, d'oser.
Alors aujourd'hui, j'ose, et je vous souhaite la bienvenue sur cheesecake.

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